PME : la lente ascension des femmes vers des postes à responsabilité

Rubrique : Économie Auteur : Jitka MENCL-GOUDIER
Mars 2020

Bien que les entreprises moyennes de France et d’Allemagne puissent de moins en moins se permettre de se passer du potentiel offert par les femmes, elles restent dirigées principalement par des hommes. La part de propriétaires d’entreprise de sexe féminin augmente uniquement dans les entreprises de taille plus modeste et les nouvelles entreprises.

Allemagne : davantage de femmes aux commandes des entreprises moyennes

Dans les entreprises moyennes allemandes, les femmes n’occupent encore qu’un poste sur six au plus haut niveau de direction. Cependant, plus une entreprise est petite, plus sa direction est féminine. Ainsi, la proportion de femmes à la tête de petites et moyennes entreprises (PME) est repartie légèrement à la hausse pour la première fois depuis quatre ans. C’est ce qui ressort du panel actuel de entreprises moyennes de KfW : celui-ci montre que 613 000 des 3,81 millions de entreprises moyennes étaient dirigées par des femmes en 2018, soit une part de 16,1 %.

Pour les créations d’entreprises également, la proportion de femmes est en hausse. Actuellement de 40 %, elle a également un effet positif sur la part de dirigeantes de entreprises moyennes en Allemagne.

Les entreprises de services privilégiées par les femmes

Parmi les entreprises allemandes dirigées par des femmes, le secteur tertiaire arrive nettement en tête. Ainsi, 85 % des femmes propriétaires d’entreprise dirigent une société active dans les services. En revanche, la part de femmes occupant des postes à responsabilité dans le secteur manufacturier, fortement axé sur la recherche et le développement, est bien plus faible. Ce segment comprend notamment la construction mécanique, la construction automobile ou encore l’industrie pharmaceutique. Sur les quelque 52 000 entreprises qu'il comporte, moins de 1000 sont dirigées par une femme, ce qui correspond à une part d’à peine 2 %.

France : la part de femmes dans les entreprises moyennes reste inférieure à 25 %

Au sein des directions des PME et entreprises de taille intermédiaire françaises non cotées en bourse, la part des femmes oscille entre 18,5 % et 24,2 % suivant le secteur d’activité. C’est ce qu’a mis en lumière une étude de KPMG menée en 2019. La part de femmes au sein des PME et des entreprises de taille intermédiaire non soumises au quota de femmes prévu par la loi, de 40 %, s’établit à 18,3 % dans le secteur de la construction et à moins de 25 % dans ceux de l’industrie et des services. Néanmoins, au sein des grandes entreprises cotées en bourse, la France est le pays de l’UE qui enregistre la plus forte part de femmes faisant partie d’un conseil d’administration : 44 %. Cette valeur n’est que de 34 % en Allemagne.

Intitulée « Femmes et gouvernance », l’étude de KPMG récemment publiée porte sur la part de femmes possédant des compétences décisionnelles dans les entreprises non cotées en bourse et a montré que moins de 20 % des entreprises françaises de taille intermédiaire et seulement 10 % des PME souhaitaient augmenter leur proportion de femmes à court terme. Seuls 18 % des propriétaires de PME envisagent de nommer plus de femmes à des postes de direction. Ce chiffre chute même à 8 % dans les entreprises comptant plus de 500 employés. Les PME et les entreprises de taille intermédiaire vont créer de nouveaux postes pour les femmes surtout en interne, tandis que les entreprises de plus de 500 employés privilégient les candidatures externes pour le recrutement de femmes.

À l’instar de l’Allemagne, la France voit également progresser le nombre de nouvelles entreprises créées par des femmes. Selon l’étude « Les créations d’entreprises en 2018 », menée par l’INSEE, 4 entreprises françaises sur 10 ont été créées par des femmes (39 % des entreprises). Ces chiffres sont en hausse constante depuis 30 ans.

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