PME: la formation et la formation continue prennent aussi le virage du numérique

Rubrique : Économie Auteur : Jitka MENCL-GOUDIER

Avec la transition numérique, de nouveaux processus d’affaires apparaissent. Les grandes entreprises, mais également les PME, doivent en tenir compte. La mise en réseau et l’automatisation des processus remplacent des postes de travail par des robots ou des machines, mais il existe une demande croissante pour un personnel très qualifié. Les collaborateurs formés au numérique et les compétences dans ce domaine sont un facteur décisif de compétitivité.

La digitalisation transforme les métiers et crée des emplois

Pas besoin d’aller très loin pour constater des évolutions au cœur de nombreux métiers. Dans sa journée, un électronicien a aussi souvent recours à son iPad qu’à son fer à souder. De même, les informaticiens ont besoin d’avoir le sens des processus industriels. La progression du numérique a aussi des répercussions sur d’autres cursus de formation. Les nouvelles technologies font également apparaitre de nouveaux métiers plus en phase avec leur époque, comme en témoigne la formation allemande de commerciaux, spécialisés en e-commerce.

La digitalisation a contraint les milieux économiques à adapter la formation professionnelle. Selon un sondage de l’association du numérique Bitkom, trois-quarts des entreprises allemandes sont convaincues que l’utilisation de technologies numériques nécessite d’adapter le contenu des métiers de l’enseignement, voire d’introduire de nouveaux métiers comme le pense près d’un décideur sur quatre.

Un travail plus varié articulé autour de la gestion de processus

Dans un avenir proche, de plus en plus de machines assureront les tâches de fabrication. L’International Federation of Robotics (IFR) prédit que les robots industriels vont atteindre le chiffre de 1,3 millions d’unités. Une nouvelle génération de travailleurs qualifiés va coordonner leur utilisation sur les chaines de production, les analyser en temps réel et s’occuper des problèmes informatiques qui apparaissent. Ces nouvelles fonctions impliquent un cursus de formation adapté sur une base nettement plus interdisciplinaire et plus complexe. Les compétences telles que la gestion des processus ou les connaissances informatiques prennent de plus en plus d’importance, tout comme les nouvelles méthodes d’apprentissage numérique.

La digitalisation est incontournable

La taille modeste des PME implique souvent une gestion du personnel et des processus opérationnels sans technologies innovantes. Aujourd’hui, les entreprises subissent des pressions extérieures, notamment lorsque des clients ou des fournisseurs travaillent avec des outils numériques ou exigent même leur utilisation.

Pour les PME, la transition numérique implique de vérifier, service par service (des achats, en passant par la comptabilité et la DRH jusqu’à la gestion de la clientèle), quelle activité peut être digitalisée, comment et dans quel délai. Il peut s’agir de créer une plateforme de vente commune ou bien d’investir dans de nouvelles machines qui intègrent les données numériques et peuvent ensuite effectuer toutes les étapes suivantes de manière autonome. L’embauche de personnel qualifié fait également partie des mesures accompagnant la transition numérique.

La coopération franco-allemande pour accroitre la compétitivité

La France et l’Allemagne sont des partenaires importants dans le domaine du numérique. La plateforme allemande Plattform Industrie 4.0 et l’Alliance Industrie du Futur française souhaitent renforcer la compétitivité des industries de production. La coopération, étroitement liée aux activités européennes, insiste sur des points importants tels que la formation, la modification des besoins en compétences et l’organisation du travail.

Près de 160 organisations se sont engagées sur le portail allemand. Ce réseau est l’un des plus grands au monde et soutient en particulier les PME dans leur transition vers l’industrie 4.0. Il regroupe des acteurs de la politique, l’économie, la science, les associations et les  syndicats.

Quant à l’Alliance Industrie du Futur, sa mission est de mettre en œuvre un projet démarré en 2015, visant à restructurer l’industrie française. Ce projet accompagne les entreprises, en particulier les petites et moyennes entreprises, dans la modification de leur modèle commercial et leurs méthodes organisationnelles, de conception et de marketing.

© shutterstock.com